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Photovoltaïque flottant : impact or not impact ?

Les Energies Renouvelables (EnR) représentaient 26,9% de la consommation d’électricité couverte en France métropolitaine en 2020 répartie de la manière suivante (RTE - 2021) :

  • La production éolienne : 8,8%

  • La production solaire : 2,8 %

  • La production hydroélectrique : 13,5%

  • La production de la filière bioénergie : 1,7%

 La filière solaire continue son développement avec une hausse de 2,5% entre 2019 et 2020  (RTE - 2021).

La production solaire photovoltaïque est assurée en très grande majorité par les installations au sol et en toiture. Une des technologies photovoltaïques consiste à installer des panneaux sur des surfaces en eau. La production d’électricité par cette technologie appelée “solaire flottant” ou “photovoltaïque flottant” (PV flottant) est aujourd’hui minime par rapport à celle du solaire au sol et en toiture, mais elle augmente rapidement, particulièrement dans le sud de la France.


Texte Odoo et bloc d'image

Pour les producteurs d’électricité, cette technologie présente l’avantage d’être mise en place en France sur des surfaces non naturelles telles que des réservoirs d'eau, des gravières...ce qui permet de résoudre le problème de la disponibilité foncière rencontré avec le solaire au sol.

Comme tout projet d’aménagement, les projets d’installation de centrales solaires flottantes sont soumis à une procédure d’évaluation environnementale. Cette démarche consiste à impliquer le maître d’ouvrage le plus en amont possible pour qu’il prenne en compte les préoccupations environnementales et de santé dans l’élaboration du projet. Pour cela, il doit élaborer, avec l’aide d’experts comme AQUABIO, un rapport d’évaluation des incidences sur l’environnement en s’appuyant sur un état des lieux (état initial, pressions) et en détaillant notamment le risque d’effets négatifs notables du projet sur l’environnement (définition des enjeux).

Pour les milieux naturels (terrestres, aquatiques et marins), dans le cas d’atteintes aux enjeux majeurs (biodiversité remarquable, principales continuités écologiques…), le maître d’ouvrage doit proposer les mesures adéquates pour éviter, réduire, voire compenser les impacts de son projet (séquence ERC) en donnant la priorité à l’évitement, puis à la réduction. Le rapport est soumis à l’autorité environnementale qui accepte le projet ou formule une demande de compléments d’information auprès du maître d’ouvrage. L’Etat poursuit l’instruction du dossier et délivre une autorisation (arrêté préfectoral) dans laquelle un programme de suivi est imposé pour permettre une gestion adaptative des mesures (réduction ou compensation) et permettre de s’assurer de la pérennité de leurs effets. L’Etat doit effectuer régulièrement des contrôles afin de s’assurer de la mise en œuvre des mesures et de leur efficacité.

Odoo- Echantillon n° 2 pour trois colonnes

Le bilan écologique de la séquence ERC (extrait de “La séquence « éviter, réduire et compenser », un dispositif consolidé - Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer - 2017”)

Si nous prenons l’exemple du “Guide Nouvelle-Aquitaine pour la prise en compte de la réglementation espèces protégées dans les projets d’aménagements et d’infrastructures - 2021” publié récemment (téléchargeable ICI), ce document est très explicite en ce qui concerne les enjeux de préservation de la biodiversité. Outre la nécessité de définir les enjeux à partir du statut des espèces présentes ainsi que celui de leurs habitats, le guide reprend la notion de fonctionnalité des habitats qu’il est également nécessaire de prendre en compte dans l’étude d’impact.

En ce qui concerne les milieux aquatiques et plus particulièrement les plans d’eau, certains installateurs de PV flottant mettent en avant dans des articles grand public, les bénéfices qu’apporteraient les centrales solaires flottantes : réduction de l’évaporation naturelle, réduction de l’échauffement de l’eau, frein au développement algal… D’autres acteurs font au contraire état d’impacts négatifs pour le milieu en raison de perturbations sur son fonctionnement et sur les populations associées (oiseaux, insectes…), ainsi que sur la qualité de l’eau.

Seules des études rigoureuses, indépendantes et de longues durées pourront apporter des réponses objectives quant aux bénéfices et aux impacts que peuvent représenter ces installations industrielles sur l’écosystème aquatique. La communauté scientifique s’empare progressivement du sujet.

Depuis plusieurs années, AQUABIO participe de façon impartiale à des études d’incidence pour tout type de projet sur les milieux aquatiques et notamment ceux liés à l’installation de centrales solaires flottantes (10 études depuis 2018).

Odoo image et bloc de texte

Nous réalisons un état des lieux à partir des études et des investigations déjà réalisées dans le passé et de la bibliographie (inventaire régional et national du patrimoine naturel, études d’associations…). Si cela est insuffisant, nous proposons une étude complémentaire adaptée au contexte et proportionnée aux impacts du projet. Dans cette étude sont proposés des inventaires de la faune et de la flore aquatique (poissons, végétaux, macroinvertébrés…) associés à une reconnaissance des habitats et une évaluation de leur qualité. Mais en plus de cela, il est à nos yeux indispensable d’évaluer la fonctionnalité du milieu et de suivre son évolution au cours du temps.

C’est pour cette raison que notre pôle R&D développe des indicateurs et partage le résultat de ses recherches au sein de la communauté scientifique internationale. Le fruit d’un travail de 6 ans a notamment permis de construire l’indice BECOME (présentation) que nous utilisons aujourd’hui en routine lors d’expertises de plans d’eau peu profonds. BECOME est un outil de diagnostic et de valorisation des plans d’eau basé sur l’analyse de la biodiversité et des fonctions bio-écologiques des macrophytes et des invertébrés. Les protocoles de prélèvement ont été publiés dans des revues internationales, garantissant leur fiabilité (pour les invertébrés et pour les macrophytes). D’autres publications scientifiques sont à venir.

L’indice BECOME est multimétrique et permet d’évaluer un écart à un optimum biologique et écologique attendu. Cet optimum correspond au maintien d’une biodiversité et de fonctions biologiques et écologiques assurant le bon fonctionnement de l’écosystème et une eau de qualité. Cette méthode permet, en plus de connaître la qualité et la fonctionnalité du milieu actuel, de suivre son évolution dans le temps suite à la mise en place d’infrastructures, de travaux ou d’actions de gestion. En effet, il s’agit d’une méthode reproductible. En fonction des besoins, nous associons à l’indice BECOME à d’autres indices développés en interne tel que l’indice de biomasse dispersable basé sur les insectes aquatiques des plans d’eau qui migrent ou émergent au stade adulte, et susceptibles d’être attirés par les panneaux. Nous proposons également des suivis complémentaires permettant de mieux comprendre le fonctionnement du plan d’eau (exemple : peuplement phytoplanctonique, physico-chimie…).

AQUABIO propose son expertise aux porteurs de projets, à l’administration et aux établissements de recherche pour éclairer les choix que notre société se doit de faire afin que des projets voient le jour sans nuire à la biodiversité des écosystèmes aquatiques, mais bien au contraire, en la favorisant.

Pour en savoir plus,  n'hésitez pas à contacter David Meheust david.meheust@aquabio-conseil.com.

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